Au bout de la route

Au Ghana, là où la route s’arrête, il y a un sentier qui mène à un village isolé.

Des gens y vivent. Ceux qui habitent dans des communautés rurales isolées sont parmi les deux milliards de personnes qui n’ont pas accès aux médicaments. HPIC et nos partenaires veulent en faire davantage pour les aider.

En novembre, Catherine Sharouty de HPIC s’est rendue au Ghana pour visiter deux régions, soit celles d’Ashanti et de la Volta. Dans certains cas, les cliniques et les établissements de santé sont si éloignés que les personnes qui en dépendent peuvent se sentir délaissées. Catherine et un partenaire local ont dû sortir de leur auto et marcher sur un étroit sentier de terre pour arriver à une communauté où ils voulaient visiter un établissement.

« J’ai grandi sur ce continent et j’ai vu la pauvreté, mais ce voyage m’a fait faire un bon nombre de constats inédits, affirme-t-elle. La vie quotidienne est très difficile ici. Comme j’ai été surprise de voir comment ces gens vivent et de quelle manière ils cuisinent ! Des enfants peuvent marcher pendant une heure ou plus pour se rendre à l’école, et lorsque l’école est terminée, ils vendent des fruits. »

Ces conditions difficiles sont aggravées par la chaleur et l’humidité très élevées. « La région que j’ai visitée est montagneuse et très luxuriante – une très jolie région en fait. Il y a beaucoup de plantations où l’on fait la culture du plantain, entre autres. Les routes sont en terre rouge, comme à l’Île-du-Prince-Édouard, et elles ont de nombreux trous. La majorité des habitants ne conduisent pas, mais certains ont des motos. En fait, pour les femmes enceintes ou toute personne qui doit se rendre à l’hôpital, voyager en moto est souvent la meilleure option – et parfois la seule. Les personnes qui vivent dans ces régions isolées vivent principalement de l’agriculture de subsistance, et on y retrouve de nombreux artisans et couturières.

Néanmoins, tout le monde a un téléphone et ils prennent leurs nouvelles au moyen de Facebook ou d’autres médias sociaux. D’une région à l’autre, les personnes peuvent ne pas se comprendre en raison du grand nombre de langues et de dialectes locaux. Seuls ceux qui ont une plus grande scolarité parlent l’anglais.

Toutefois, Catherine y a trouvé de nombreuses raisons d’espérer, et elle était très contente de ses rencontres avec les partenaires locaux et les habitants. Les infirmières et les sages-femmes ghanéennes sont également très impressionnantes. « Elle portent un uniforme vert et blanc, repassé et impeccable, et elles arrivent à l’heure et souriantes au travail, avec une attitude positive. J’ai constaté leur grande charge de travail, les nombreux patients ainsi que le manque de matériel et de médicaments pour faire leur travail, et je suis impressionnée par leur motivation et leur persévérance à faire de leur mieux pour leurs patients. »

Catherine a réalisé une évaluation des besoins des services de santé maternelle et infantile dans le district d’Amansie ouest de la région d’Ashanti. Les besoins sont énormes, notamment en matière d’infrastructure, de chaîne logistique et de formation, mais tout le personnel des établissements de santé était très enthousiaste et accueillant à l’égard de tout programme permettant d’améliorer leur rendement et d’accroître leur capacité. »

Catherine a également visité le partenaire de HPIC pour le projet MamaCare dans la région de la Volta. « Ensemble, nous y formerons 50 sages-femmes communautaires et infirmières de santé publique, qui sont d’une importance vitale pour les communautés rurales isolées du Ghana.

Les sages-femmes communautaires sont rémunérées en cadeaux ou en services. « Elles offrent ce service essentiellement en tant que bonne action pour leurs voisines. Mais elles sont présentes et elles ont de l’expérience, de sorte qu’avec une formation et des connaissances, notamment au sujet des situations où elles doivent appeler des sages-femmes plus expérimentées, nous pouvons sauver des mères et des enfants. »

D’autres membres du personnel de HPIC se rendront encore une fois au Ghana en 2018 afin d’entreprendre d’autres projets de santé.

« Il y a tellement de besoins – la plupart des étagères sont vides et les pharmacies peuvent bénéficier d’aide pour trier et gérer leur stock en main. Il y a tellement de travail à faire et nous sommes reconnaissants aux partenaires qui se sont engagés à réaliser cette œuvre importante. »