Des étudiantes en soins infirmiers se rendent au Malawi afin de développer leurs compétences interculturelles tout en acquérant de l’expérience pratique

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Aujourd’hui, dans le milieu des cliniques et des hôpitaux au Canada, le rythme est rapide et l’accent est mis sur la technologie.

On peut alors se demander de quelle manière les collèges de soins infirmiers forment leurs étudiantes afin de favoriser la compréhension, l’empathie et la capacité de prodiguer des soins adaptés aux réalités culturelles ?

« Ce qui m’a vraiment frappée au Malawi, c’est que personne ne se plaint. Et j’ai rencontré des infirmières qui avaient 100 patients sous leurs soins », ajoute-t-elle.

Depuis 2011, Melodie accompagne chaque année un groupe sélect d’étudiantes finissantes en soins infirmiers au Malawi. « Ce voyage constitue un rite de passage pour ces jeunes qui, dans bien des cas, ont peu d’expérience de vie. Je veux qu’elles vivent l’expérience de faire partie d’une minorité et qu’elles deviennent attentives à la personne qui est dans le lit.

« On ne m’a pas enseigné comment adapter mes soins à quelqu’un issu d’un autre milieu culturel; former des infirmières qui sont sensibles à la diversité culturelle fait partie de nos objectifs, mais comment y arriver ? »

Les étudiantes participantes doivent dispenser 160 heures de soins infirmiers cliniques au cours de leurs sept semaines à l’étranger afin d’atteindre les compétences du cours et de satisfaire aux exigences du DEC en soins infirmiers.

Elles acquièrent de l’expérience pratique dans le dépistage de maladies comme l’hypertension, le diabète et le VIH/sida, ainsi que dans la pédagogie en ces matières, à l’hôpital St. Andrews, un petit hôpital rural, et à l’hôpital Kamuzu Central, à Lilongwe, qui est un établissement médical plus urbain. Ces voyages ont lieu le plus souvent pendant le pic saisonnier du paludisme, lorsque ces ajouts de personnel de la santé sont les plus utiles.

Les étudiantes sont logées à la résidence du Kamuzu College of Nursing à l’Université du Malawi, où elles fréquentent l’école. Des étudiantes et étudiants en soins infirmiers du Kamuzu College of Nursing suivent également des cours au Collège Vanier dans le cadre de cet échange.

Lorsque ses étudiantes se rendent au Malawi, Melodie insiste que chacune apporte une trousse médicale humanitaire de Partenaires Canadiens pour la Santé Internationale (HPIC). « Ces trousses permettent aux étudiantes d’avoir les outils pour offrir des traitements qui, autrement, pourraient ne pas être disponibles. Offrir ces trousses est également une façon pour ces étudiantes de donner quelque chose en échange de l’expérience riche d’enseignements qu’elles obtiennent », explique-t-elle.

Un couple du Malawi, tous les deux médecins au sein de K2 Taso, une organisation partenaire financée par l’organisme de bienfaisance canadien K2 Foundation, également partenaire de HPIC. Dr Peter et Dre Jacqueline Minjale agissent localement à titre de coordonnateurs – et d’enseignants – pour les soins ambulatoires qu’offrent en régions rurales les infirmières étudiantes de Vanier.

HPIC expédient des médicaments en gros à ces deux médecins et à leur équipe de l’organisme K2. « Ces médicaments peuvent vous paraître peu chers, mais pour nous, ils sont à la fois chers et rares. Même les médicaments de base, comme les analgésiques, ne sont pas disponibles dans les établissements publics. »

L’organisme K2 utilise ces médicaments pour prodiguer des soins à des personnes vivant avec le VIH/sida, offrir des soins palliatifs et approvisionner les cliniques mobiles qui visitent des villages isolés.

Le VIH/sida a eu des effets dévastateurs au Malawi. « Il a coûté la vie à de nombreuses personnes productives, qui étaient des leaders, des enseignants, des parents et des travailleurs », souligne Dr Peter Minjale.

Cependant, il y a beaucoup d’espoir grâce à cette démarche de la part de nombreux partenaires, qui collaborent pour répondre à la crise du VIH/sida. Peter croit que l’objectif de prévenir la transmission d’une mère à son enfant sera atteint d’ici 2030, pour ainsi obtenir une génération sans sida. « Aujourd’hui, il y a 31 cliniques de thérapies antirétrovirales dans notre district. En 2007, il n’y en avait qu’une seule et les gens marchaient de très longues distances pour avoir accès aux médicaments qui y étaient dispensés. »

Depuis ce temps, le taux de prévalence du VIH/sida a baissé, passant de14,6 % à 8,7 % de la population.

Bien que le taux de prévalence ait diminué, il y a encore de nombreuses personnes touchées par l’épidémie du VIH/sida. Peter nous a montré une photo d’un bébé de 16 mois, dont la garde a été confiée à sa tante. Il est un orphelin du VIH/sida.

Parmi les 3 883 patients qu’ils traitent, 152 sont des adolescents et 403 sont à l’école primaire. « Notre mandat est de prendre soin de ces patients », précise-t-il. Enfin, grâce au travail extraordinaire accompli avec des ressources limitées, Peter, Jacquie et leur équipe laissent une impression durable avec ces jeunes Canadiennes.

Les étudiantes du Collège Vanier ont commencé à rencontrer Melodie pour planifier le prochain voyage au Malawi en mars 2018.

 

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