COMMENT UN HOMME APPELÉ « REBUTS » NOUS A ENCOURAGÉS

Dans la planification d’un projet, nous rencontrons parfois des obstacles qui nous font douter de son succès éventuel.

Alors que HPIC élaborait son projet Pamoja pour les mères et enfants du Kenya, notre partenaire kényan nous a transmis un courriel des plus touchants afin de nous encourager :

L’importance du projet dans les mots de notre partenaire
« Le Seigneur Dieu fournira les fonds, a écrit le révérend Philip Makokha, un prêtre qui était l’adjoint du primat de l’Église anglicane du Kenya à l’époque. Ce projet sauvera la vie de mères et d’enfants.

« Avant et après ma naissance, mes parents ont perdu beaucoup d’enfants. À ma naissance, j’ai été lancé dans un sentier et ramassé par une vieille dame. Elle m’a remis à ma mère en me nommant MAKOKHA, qui veut dire « rebuts »*, afin que je puisse survivre!

« Lorsque j’enterre des bébés et des mères qui meurent en couches, je prie que Dieu aide les autres mères et bébés. Vous êtes sur la bonne voie. »

Le premier envoi est arrivé
Nous nous souvenons de ses paroles ainsi que de sa détermination de voir ce projet réussir, et nous exprimons notre gratitude pour le premier envoi de médicaments et de fournitures pour le projet Pamoja, qui est arrivé à Nairobi, au Kenya, en novembre.

« Merci de ce précieux appui aux femmes et aux enfants, ainsi qu’à l’ensemble de la communauté, a écrit Bwibo Adieri, le coordonnateur local du projet. À tous ceux qui ont travaillé si fort à sa réalisation, je dis asante (merci). »

Cet envoi de médicaments et de fournitures permet de soigner environ 9 000 femmes et enfants. La première communauté à en bénéficier a été le bidonville de Kibera à Nairobi, où vivent environ un million de personnes dans une pauvreté extrême.

Notes documentaires sur le projet
Pamoja, qui signifie « ensemble » en swahili, est un projet qui a été commandé en 2015 par le primat de l’Église anglicane du Kenya (principal chef de l’Église au pays) et qui est mis en œuvre en partenariat avec Anglican Development Services Kenya et l’Église anglicane du Kenya. Tout comme de nombreuses nations africaines, le Kenya dépend des services de santé fournis par les églises pour les soins de plus de 60 % de sa population.

Partout dans le monde, un grand nombre de femmes et d’enfants n’ont toujours pas, ou peu, d’accès aux médicaments essentiels ou à d’autres services de santé de base.

Chaque année, le Kenya perd 8 000 mères et plus de sept millions de jeunes enfants de moins de cinq ans. La plupart de ces décès peuvent être évités. Le projet Pamoja de HPIC vise à fournir une partie de la solution.

Plus de mères et d’enfants survivront dans cinq communautés ciblées
Ce projet fournira des envois de médicaments et de fournitures médicales essentiels à cinq des centres de santé anglicans : la clinique Holy Trinity dans le bidonville de Kibera à Nairobi, le dispensaire Butonge dans le comté de Bungoma, l’hôpital Maseno dans le comté de Kakamega, l’hôpital Mount Kenya dans le comté de Kirinyaga et l’hôpital St Luke’s à Kaloleni, dans le comté de Kilifi.

Un plus grand accès aux médicaments et aux fournitures permettra à un plus grand nombre de mères et d’enfants de recevoir des soins de santé de qualité durant la grossesse et après l’accouchement. Au fil du temps, plus de femmes seront ainsi encouragées à se rendre à ces cliniques. Dans les communautés ciblées, les mères survivront pour prendre soin de leurs enfants et les jeunes enfants pourront se développer.

De nombreuses prières sont en voie d’être exaucées, comme notre partenaire nous l’avait assuré.

*Une note concernant les pratiques régissant l’attribution d’un nom au Kenya :

Pour les parents dont l’enfant meurt à la naissance, on tient une cérémonie appelée « khuboelela » pour empêcher les mauvais esprits de tuer des bébés. Elle vise à soutenir les parents qui ont perdu tout espoir après tant de décès d’enfants en si bas âge.

Immédiatement après l’accouchement, le bébé est soigneusement habillé et amené dans un sentier près de la maison. On demande à une vieille femme, humble et sans blâme, d’aller ramasser le bébé dans le sentier pour le ramener à ses parents. En recevant le bébé, les parents feront semblant que le bébé n’est pas le leur tout en acceptant d’en prendre soin. Après cette cérémonie, on donnera aux petites filles le nom de Nabangala ou de Nang’unda, entre autres, et les petits garçons seront appelés Kundu, Kuloba, Makokha, Namunyu ou Wenani.

Lorsqu’un enfant meurt à la naissance, on croit parfois dans certaines familles que les esprits ont causé ce décès; afin de les tromper, on donnera à un nouveau-né un nom qui est censé confondre ou chasser les esprits.