Deux ophtalmologistes pour 6 millions d’habitants

En Sierra Leone, il n’y a que deux ophtalmologistes dans tout le pays pour traiter une population d’environ six millions d’habitants. Ils comptent donc sur des équipes de missions venant de l’étranger pour des soins ophtalmologiques.

Dre Annette D’Souza, une ophtalmologiste de New Westminster, en Colombie-Britannique, et présidente fondatrice de l’organisme International Vision Volunteers Canada (IVVC), se rend deux fois par année en Sierra Leone pour prodiguer des soins ophtalmologiques et former le personnel d’un hôpital local. Lors de ses missions, elle apporte avec elle une trousse médicale humanitaire pour les soins spécialisés de Partenaires Canadiens pour la Santé Internationale (HPIC), qui est remplie de médicaments et de fournitures médicales dont elle a besoin pour son travail en Sierra Leone.

L’hôpital Kamakwie Wesleyan a été détruit en 1994 pendant la guerre civile et n’a rouvert qu’il y a environ six ans. C’est alors qu’Annette a commencé à élaborer des services de soins ophtalmologiques à l’hôpital.

« Le glaucome est très fréquent en Sierra Leone et il n’y a qu’un seul type de gouttes pour les yeux au pays, affirme Annette. Ils n’ont pas une gamme de gouttes pour les yeux comme c’est le cas au Canada, par exemple. Le type local de gouttes pour les yeux est particulièrement efficace pour la population mais il n’est pas toujours disponible; et lorsqu’on peut en obtenir, ces goutes sont très dispendieuses. Le glaucome peut entraîner la cécité s’il n’est pas traité. »

Dans le cadre d’une entrevue téléphonique avec Catherine Sharouty de HPIC, elle a expliqué son travail : « La mission d’IVVC est d’offrir aux plus démunis des examens oculaires de manière stable et régulière. Les médicaments offerts en don nous aident beaucoup à accomplir cette mission. La population en bénéficie de façon importante. Les habitants de Kamakwie sont très pauvres. La plupart se maintiennent en vie par une agriculture de subsistance et le taux de chômage dans cette région est d’environ 70 %. Tout le pays est vraiment pauvre. L’espérance de vie ne dépasse pas 50 ans. »

Annette voit environ 400 patients et effectue une centaine de chirurgies (surtout de la cataracte) chaque fois qu’elle vient travailler à l’hôpital, le plus souvent pour une période de deux semaines.

Elle se souvient tout particulièrement d’une patiente d’un collègue dans son équipe, une mère qui a développé des cataractes peu après avoir accouché de son premier enfant. « Elle a retrouvé la vue grâce à une chirurgie et elle a pu voir son bébé de nouveau. Il s’agit d’un des cas les plus gratifiants », ajoute-t-elle.

Un autre de ces cas s’est manifesté alors qu’elle se promenait dans la communauté et qu’un homme lui a fait signe de s’approcher pour lui dire : « Regardez, je travaille maintenant parce que vous m’avez opéré pour la cataracte. »

« Afin d’être capables d’offrir ce service, nous comptons beaucoup sur les entreprises pharmaceutiques, explique Annette. Nos objectifs consistent à rétablir la vue du grand nombre possible d’aveugles, et de prévenir la cécité chez les autres. Nous sommes vraiment reconnaissants envers Allergan de nous aider à les réaliser. »

Allergan a appuyé la mission d’Annette au moyen de dons de divers types de gouttes pour les yeux, y compris des gouttes pour le traitement du glaucome.