MUHAMMAD ALI : BOXEUR, POÈTE LÉGENDAIRE ET PORTEUR DE TROUSSE MÉDICALE HUMANITAIRE

La motivation sans bornes de Muhammad Ali était d’aider des étrangers dans le besoin. C’est ce que sa fille Hana a écrit en 2011.

Muhammad Ali (1942-2016) était un champion boxeur poids lourd, un athlète olympique et un des héros du sport les plus admirés du 20e siècle. Une de ces citations les plus célèbres démontre comment il envisageait la charité et le service : « Le service envers autrui est le loyer que vous payez pour votre place sur cette terre. »

Cette préoccupation d’aider les autres a amené « The Greatest », qui est décédé le 3 juin 2016, à croiser Partenaires Canadiens pour la Santé Internationale (HPIC) en 1997.

Souvenirs de sa collaboration avec Ali
En apprenant la nouvelle de sa mort, John Kelsall, ancien président de HPIC (de 1993 à 2008), s’est rappelé la collaboration entre Muhammad Ali et HPIC en vue de fournir de l’aide médicale pour une religieuse catholique et des orphelins en Côte d’Ivoire. « Une guerre civile brutale avait éclaté au Libéria et plus de 200 000 personnes ont péri. Ceux qui ont pu fuir l’ont fait », explique John. La Côte d’Ivoire a accueilli 350 000 réfugiés libériens.
Une des personnes qui a pu fuir était une religieuse qui, selon un article de l’Associated Press, s’occupait de 105 enfants, dont 61 handicapés. Un autre 400 enfants dépendaient d’elle pour leur nourriture et des soins médicaux.

Sœur Sponsa Beltran (1925-2016), une religieuse américaine de l’ordre des franciscains-bernardins qui était missionnaire au Libéria, avait fait des demandes d’aide auprès de diverses personnes. Et Muhammad Ali a entendu son appel. Par coïncidence, Ali s’est éteint seulement deux mois après sœur Beltran, dont la vie aurait pu être le scénario d’un excellent film. Un journaliste qui l’a interviewée quelques années avant son décès a décrit sa congrégation de religieuses comme « la version de l’Église catholique de SEAL Team 6 » (une unité antiterroriste élite de la marine américaine).

L’œuvre de sœur Beltran en Afrique
Dans un hommage publié dans un journal catholique, la vie de sœur Beltran au service d’autrui a été décrite de cette façon : « Elle a passé plus de 30 ans (de 1970 à 2007) à s’occuper des personnes pauvres et handicapées du Libéria, en Afrique occidentale. Elle les a aidées à survivre à une guerre civile de 14 ans, à un exil de cinq ans en Côte d’Ivoire et à un rapatriement vers les banlieues de Monrovia, au Libéria, où elle a fondé le centre de réhabilitation Our Lady of Fatima. Au fil des ans, elle a fidèlement servi le Seigneur en s’occupant de milliers d’enfants et d’adultes devenus handicapés suite à un traumatisme de la naissance, à une maladie ou à un grave accident. Aujourd’hui, il y a une multitude d’enfants et d’adultes handicapés vivant aux États-Unis et partout dans le monde qui ont été abandonnés par leur famille et qui doivent leur vie à l’amour, aux soins et à l’acceptation inépuisables de sœur Sponsa. »

Revenons maintenant au récit de 1997 et au lien entre ces deux légendes du sport et de l’aide humanitaire. « Lorsque sœur Beltran et les enfants ont fui le Libéria, ils n’ont emporté avec eux que les vêtements qu’ils portaient et ils étaient en situation de détresse extrême », se rappelle John.

« Muhammad Ali a recueilli auprès de généreux donateurs américains un envoi de nourriture, de vêtements, de matériaux pour la construction d’abris et de fournitures scolaires, relate John.

Il ne pouvait toutefois pas trouver les médicaments nécessaires pour soigner les blessures des enfants et leur prodiguer des soins de santé. Il a informé plusieurs de ses amis de ce besoin, y compris un homme d’affaires de Montréal, Yank Barry. »

La liste des besoins des orphelins concordait avec nos trousses
Barry a communiqué avec HPIC pour demander si notre organisme pouvait fournir les médicaments. « Nous avons examiné la liste des besoins et celle-ci correspondait bien au contenu de nos trousses médicales humanitaires », se rappelle John.

John s’est rendu à l’aéroport de Montréal pour remettre deux trousses à Barry. Lorsqu’ils se sont présentés au comptoir de fret d’Air France pour enregistrer les fournitures médicales, ils ont informé le personnel de la compagnie aérienne du projet avec la légende de la boxe. Air France a décidé de renoncer à tous les frais et d’expédier sans frais en Côte d’Ivoire tout l’envoi humanitaire de Muhammad Ali.

Ces trousses, comprenant des médicaments et des fournitures pour soigner environ 450 personnes, ont alors été expédiées en Côte d’Ivoire via Paris et elles ont été livrées en mains propres par Muhammad Ali à sœur Beltran. Le 20 août 1997, il est arrivé en Côte d’Ivoire et a été accueilli par des admirateurs criant « Ali! Ali! » Il a remis à sœur Beltran ses dons de nourriture, de fournitures et de médicaments au centre Bon Berger, une mission catholique située à 200 milles à l’ouest d’Abidjan, la capitale.

« Muhammad Ali était si reconnaissant de cet approvisionnement en médicaments qu’il avait prévu s’arrêter à Montréal lors de son retour pour rencontrer le personnel de HPIC et nous remercier en personne, affirme John.

Un geste de gratitude de la part de Muhammad Ali
Toutefois, sa maladie de Parkinson s’est aggravée pendant son retour et il a dû rentrer directement aux États-Unis. Une semaine plus tard, j’ai reçu de sa part un gant de boxe autographié de sa main pour exprimer sa reconnaissance. Nous le chérissons depuis ce jour. »

John et son épouse Lottie avaient répondu à l’appel de dons en offrant les fonds pour parrainer les trousses, alors il a gardé le gant en guise de souvenir quand il a pris sa retraite. « Lorsque notre fils John est revenu d’Afghanistan après un an de service, nous avons décidé de lui offrir le gant en reconnaissance de son engagement d’aider les Afghans. À titre de sergent d’état-major auprès de la Police provinciale de l’Ontario, responsable de la formation des équipes de sauvetage tactique, John fils avait été spécialement affecté au pays par la Police provinciale de l’Ontario pour former la Police nationale afghane, explique John.

« Muhammad Ali a été un boxeur formidable, mais ce qui fait vraiment sa grandeur, c’est la façon dont il s’occupait de gens qu’il ne connaissait même pas. »

Vous pouvez voir une photo de Muhammad Ali avec sœur Beltran et en apprendre davantage sur son cœur d’humanitaire en cliquant ici.

Photo de Muhammad Ali et de Yank Barry rencontrant sœur Beltran en Côte d’Ivoire.